vendredi 17 février 2012

jeudi 16 février 2012

Une dent peut sauver la vue !






Un chirurgien ophtalmologiste met au point une technique d’implant révolutionnaire, basée sur le constat que l’oeil ne rejette pas les greffes de matière dentaire.

La technique, dite « d’ostéo-odonto-kératoprothèse » est une alternative à la greffe de cornée quand cette dernière n’est pas possible. « On se sert beaucoup plus fréquemment d’une dent du patient, généralement une canine, que de celle d’un donneur apparenté compatible avec le receveur », déclare le Dr Emmanuel Lacombe, l’un des huit spécialistes au monde de cette opération. Schématiquement, « tout matériau synthétique directement implanté dans l’oeil se voit expulser par la couche de surface, c’est-à-dire l’épithélium, et c’est encore plus vrai au niveau de la cornée », explique M. Duchesne.


« Or, l’inventeur a observé que dans l’organisme, deux matériaux rigides pouvaient être en contact sans problème avec de l’épithélium, les ongles et les dents », poursuit-il. « Il a observé par ailleurs que la muqueuse buccale tolère la dent, si le ligament alvéolo-dentaire est en bon état. Sinon, la muqueuse cherche à l’expulser, provoquant le déchaussement de la dent. »


L’OSTÉO-ODONTO-KÉRATOPROTHÈSE : 

Concrètement, on prélève le bloc ostéo-dentaire où se trouve la racine de la dent avec ce fameux ligament, puis l’émail est enlevé. On meule ce bloc pour obtenir un parallélépipède rectangle de 7 à 8 mm de large, de 14 à 16 mm de long et 2,5 à 3 mm d’épaisseur. On le perce pour y introduire une simple optique en plastique transparent, et ainsi le boucher.



L’ensemble est alors placé sous la peau du patient pendant trois mois minimum, pour qu’il soit colonisé par des cellules et entouré de tissus fibreux afin de permettre de faire les points de suture. « Parallèlement, on prépare l’oeil en lui enlevant la fine couche qui le recouvre (kératotomie) et la remplaçant par de la muqueuse buccale afin que la dent retrouve le milieu auquel elle est habituée », poursuit l’ophtalmologue.


UN IRIS REDESSINÉ :

L’aspect n’est « pas très joli (pupille sans iris, couleur rosâtre) », mais esthétiquement une grande lentille de contact avec un iris dessiné dessus peut être « acceptable ». Des lunettes permettent d’adapter ensuite la vue, poursuit le spécialiste. « La récupération visuelle est suffisante pour conduire une voiture », ajoute-t-il, évoquant un chauffeur de taxi à Rome, opéré de cette manière. « Cette technique, très lourde (en durée et personnels), n’a jamais été très en vogue », admet-il, mais elle reste « utile ». Pour sa part, le patient irlandais opéré à Brighton se réjouit de voir « suffisamment » pour se déplacer et regarder la télévision.



Source : AFP

Pour plus d'information : http://archopht.ama-assn.org/cgi/content/full/123/10/1319



lundi 13 février 2012

dimanche 12 février 2012

POUR UNE RÉHABILITATION FONCTIONNELLE RAPIDE EN IMPLANTOLOGIE : LA MISE EN CHARGE PRÉCOCE ET IMMÉDIATE



POUR UNE RÉHABILITATION FONCTIONNELLE RAPIDE EN IMPLANTOLOGIE :
LA MISE EN CHARGE PRÉCOCE ET IMMÉDIATE

Olivier LAPLANCHE, Gérard DUMINIL, Gaël TOQUE, Daniel SERRE
         Département de Prothèses - Faculté d’Odontologie de Nice




Le traitement des édentements, dans le cadre d’une prise en charge globale des pathologies bucco-dentaires et des anomalies de fonctionnement, représente une part importante des activités de soins prothétiques des pays industrialisés. L’implantologie moderne, basée sur les principes d’ostéointégration mis en évidence par l’école suédoise, a révolutionné les thérapeutiques des édentements, en apportant fixité ou augmentation de rétention aux prothéses dentaires.
Certaines des contraintes opératoires des protocoles de Branemark ont été contournées par le concept de mise en charge immédiate (J) ou précoce (J+7), ce concept est-il une entorse risquée aux précautions fondamentales en faveur de l’osteo-intégration ou une évolution clinique basée sur la science ?


Implantologie moderne et principes de Branemark



Les principes fondamentaux de l’ostéo-intégration, apportés par l’école suédoise (tableau 1) ont permis la mise en place de protocoles opératoires fiabilisés, scientifiquement validés, à la prévisibilité maîtrisée et au pronostic tellement favorable qu’il classe la prothèse implanto-portée parmi les techniques prothétiques les plus sûres (Goodacre).




Les limites des principes de l’école suédoise



Il existe cependant des inconvénients importants aux principes édictés par l’école suédoise :
- le temps de latence et le maintien du handicap fonctionnel pendant la phase de cicatrisation
- la nécessité d’une seconde intervention
- des difficultés prothétiques liées à la temporisation


Ces difficultés opératoires, nuisant au confort du patient et aux bénéfices perçus des thérapeutiques implantaires, l’évolution simultanée du matériel et des matériaux, les résultats d’études cliniques sur les thérapeutiques implantaires alternatives ont conduit à une évolution conceptuelle importante.



L’évolution des concepts et la remise en cause des principes de Branemark


Dans le même temps, les concepts et les idées évoluent en s’appuyant :

• sur l’analyse critique des fondements de principes de Branemark (déduits de cas cliniques particuliers )
• sur la mise en évidence d’alternatives opératoires :
     fiabilité de la technique en 1 temps chirurgical
     fiabilité de la mise en charge immédiate.

Szmukler explique la nécessité d’une période de cicatrisation de 3 à 6 mois par le contexte des cas implantés par l’équipe suédoise par les raisons suivantes (tableau 2) :




Les justifications fondamentales de la mise en charge initiale ou précoce



La viabilité de la technique en 1 temps 
chirurgical



Schroëder et son équipe (1970) ont développé quasi simultanément à l’école suédoise un concept d’implant
en un seul temps chirurgical. Les résultats d’études expérimentales  puis cliniques (Buser 1990, Weber
1992) chez l’homme montrent la même qualité d’ostéo- intégration que dans la technique en deux temps.
Les taux de succés cliniques sont également identiques, dans le traitement de l’édenté partiel et de l’édenté total.
Ces résultats mis initialement au crédit du design spécifique de ces implants (ITI), ont été confirmé par des
résultats identiques avec un autre système implantaire. Puis de nombreux travaux ont mis en évidence les succès cliniques des implants en deux parties (issus du protocole en deux temps) dans leur utilisation en 1 temps, qu’il s’agisse des implants Bränemark (Bernard 1995; Becker 1997) ou autres (Buser 1997 ; Collaert 1998 ; Ericsson 1997 ; Henry 1994)


Les conséquences réelles de la sollicitation fonctionnelle précoce


Les travaux initiaux des Suédois et des vestiges des concepts de Linkow, ont laissé penser que la sollicitation précoce des implants créait une fibro-intégration. (Albrektsson 1983, Linkow 1970)
Selon Gapski, Szmukler ce n’est pas la mise en charge prématurée en elle-même qui crée l’encaspulation fibreuse mais l’existence de micro-mouvements à l’interface os / implant percicatricielle. Ces micromouvements ont été étudiés chez le chien par
Cameron qui a montré que des mouvements d’environ 200 microns provoquaient une fibro-intégration.
A contrario, Manniatopoulos et coll.198614 ont montré que les micro-mouvements ne produisent pas systématiquement de fibrose : celle-ci est aussi sous la dépendance de l’état de surface Os / Implant et de son design.
Le seuil de tolérance varierait ainsi entre 50 et 150 microns de micro-mouvement en fonction de l’implant, de sa morphologie et de son état de surface


Si l’enfouissement total et l’absence de sollicitation fonctionnelle ne sont pas des impératifs à l’ostéo-intégration, le concept de mise en charge immédiate ou précoce n’a pas d’opposition  fondamentale. Cependant des précautions opératoires prenant en compte les facteurs favorables à la mise en charge nous guident dans notre démarche thérapeutique

Des précautions opératoires : générales et selon les cas cliniques

Indications et précautions selon les situations cliniques

Les synthèses bibliographiques permettent la mise en évidence de facteurs favorables à la mise ne charge immédiate qui conduisent le clinicien à suivre des précautions générales et des précautions spécifiques de la situation clinique (tableau 3).



Des indications et précautions opératoires spécifiques selon les cas cliniques



Ces précautions générales sont à préciser selon les situations cliniques (édentement complet, partiel ou unitaire, le type d’os à implanter, le contexte occlusal et fonctionnel). Dans toutes ces situations cliniques des protocoles opératoires ont été proposés permettant d’optimiser les conditions de traitement et son pronostic


Conclusion



La mise en charge immédiate de prothèse implanto-portée
est un concept désormais validé dans de nombreuses 
situations cliniques, qui permet la réduction rapide et 
perenne du handicap fonctionnel et favorise la réhabilitation 
fonctionnelle globale.

Dans ce contexte, elle prend sa place dans les thérapeutiques
occlusodontiques avec reconstruction occlusale, 
apportant une arme supplémentaire au clinicien





Bibliographie
1 Albrektsson T. Direct bone anchorage of dental implants.
J Prosthet Dent 1983;50:255-61.

2 Becker W, Becker BE, Israelson H, Lucchini J-P, Handelsman M, Ammons W, Rosenberg E, Rose L, Tucker L & Lekholm U. One-step surgical placement of Brånemark implants: A prospective clinical study
Int J Oral Maxillofac Implants 1997; 12: 454- 462

3 Bernard J-P, Belser UC, Szmukler-Moncler S, Martinet J-P & Attieh A. A 3 year success rate of short ITI implants in the posterior jaw.
Medecine Buccale et Chirurgie Buccale 1996 1: 11-18.

4 Branemark PI, Zarb G, Albrektsson T. Tissue integrated prostheses: osseointegration in clinical dentistry.
Chicago: Quintessence; 1985; p. 11-77.

5 Buser D, Schenk RK, Steinemann SG, Fiorellini JP, Fox CH & Stich H.
Influence of surface characteristics on bone integration of titanium implants: A histomorphometric study in miniature pigs.
Journal of Biomedical Materials Research 1991; 25: 889-902.

6 Cameron H, Pilliar RM & Macnab I. The effect of movement on the bonding of porous metal to bone.
Journal of Biomedical Material Research 1973; 7: 301-311.

7 Collaert B, De Bruyn H. Comparison of Branemark fixture integration and short-term survival using one-stage or two-stage surgery in completely and partially edentulous mandibles.
Clin Oral Implants Res 1998;9:131-5.

8 Ericsson I, Randow K, Nilner K, Petersson A. Some clinical and radiographical features of submerged and non-submerged titanium implants. A 5-year follow-up study.
Clin Oral Implants Res 1997;8:422-6.

9 Henry PJ & Rosenberg I. (1994) Single-stage surgery for rehabilitation of the edentulous mandible: Preliminary results.
Practical and Periodontics Aesthetic Dentistry 6: 15-22.

10 Gapski R, Wang HL, Mascarenhas P, Lang NP. Critical review of immediate implant loading.
Clin Oral Implants Res 2003;14:515-27.

11 Godfredsen K, Rostrup E, Hjorting-Hansen E, Stoltze K & Budz- Jorgensen E. Histological and histo-morphometrical evaluation of tissue reactions adjacent to endosteal implants in monkeys.
Clinical Oral Implants Research1991. 2: 30-37.

12 Goodacre CJ. , Bernal G. , Rungcharassaeng, K, Kan K. Clinical complications with implants and implant prostheses
J Prosthet Dent 2003;90:121-32.

13 Linkow LI & Cherchève R. Theories and techniques of Oral Implantology
Vol. 1., 74-76. St Louis: CV Mosby Company 1970


14 Maniatopoulos C, Pilliar RM & Smith D.Threaded versus poroussurfaced designs for implant stabilization in bone-endodontic implant model.
Journal of Biomedical Materials Research 1986 20: 1309-1333.

15 Piattelli A, Ruggieri A, Franchi M, Romasco N & Trisi P. A histologic and histomorphometric study of bone reactions to unloaded and loaded non-submerged single implants in monkeys: A pilot study.
Journal of Oral Implantology 1993 19: 314-320.

16 Schroeder A, Pohler O & Sutter F. Gewebsreaktionauf ein Titan- Hohlzylinder-ImplantatmitTitanSpritzschichtoberflache.
Schweizerische Monatschrift fur Zahnheilkunde 1976 86: 713-727.

17 Schroeder A., Stich H, Straumann F & Sutter F. Uber die Anlagerung Osteozement an einem belasteten Implantatkorper.
Schweizerische Monatschrift fur Zahnheilkunde 1978; 88:1051-1058.

18 Schroeder A, van der Zypen E, Stich H & Sutter F. The reaction of bone, connective tissue, and epithelium to endosteal implants with titanium-sprayed surfaces.
Journal of Oral and Maxillofacial Surgery 1981, 9: 15-25.

19 Szmukler-Moncler S, Piattelli A, Favero GA, Dubruille.
Considerations preliminary to the application of early and immediate loading protocols in dental implantology.
Clin Oral Implants Res. 2000 Feb;11(1):12-25.

20 Testori T, Meltzer A, Del Fabbro M, Zuffetti F, Troiano M, Francetti L,et al. Immediate occlusal loading of Osseotite implants in the lower edentulous jaw. A multicenter prospective study.
Clin Oral Implants Res 2004;15:278-84.


21 Weber H-P, Buser D, Donath K, Fiorellini JP, Doppalapudi V, Paquette DW & Williams RC. Comparison of healed tissues adjacent to submerged and non-submerged unloaded titanium dental implants. A histomorphometric study in beagle dogs.
Clinical Oral Implants Research 1996; 7: 11-19.










samedi 29 octobre 2011

Les mycoses buccales


L’étiologie principale des mycoses buccales est le Candida albicans, responsable des candidoses buccales (les autres mycoses buccales cryptococcose, aspergillose... sont rares dans nos régions). Ce champignon est un saprophyte de la cavité buccale dont l’agressivité peut être exacerbée au cours de certaines situations.

Etiologies :

Facteurs locaux :


– macérations ou irritations sous prothèse dentaire ;
– brûlures, radiothérapie ;
– hypo et asialie, acidose buccale.


Facteurs généraux :


– âge : prématuré, nouveau-né, vieillard ;


– dépression immunitaire congénitale ou acquise : 


• hémopathie maligne, 
• maladie de Hodgkin, 
• chimiothérapie anticancéreuse, 
• dénutrition, 
• sida (la candidose est constamment retrouvée lors des stades avancés de la maladie) ;

– tare métabolique :
en particulier le diabète. On retrouve parfois d’autres endocrinopathies ou certaines circonstances physiologiques : grossesse, menstruation, contraception hormonale ;

– facteurs médicamenteux ;
les candidoses buccales sont actuellement en nette augmentation du fait de nombreuses prescriptions iatrogènes :

• antibiothérapie à large spectre intempestive, 

• corticothérapie au long cours,
• agents immunosuppresseurs,
• antimitotiques (colchicine), 

• tranquillisants (par hyposialie),
• tabagisme, héroïnomanie.


Formes cliniques :

Candidoses aiguës :

• Le muguet buccal est classique chez le nourrisson et l’enfant, chez le sujet débile et la personne âgée. L’atteinte est annoncée par une sensation de cuisson ou de goût métallique, puis apparaît un érythème sur les joues et la langue (les gencives sont épargnées). Après 1 à 2 jours, des efflorescences blanchâtres apparaissent sur la muqueuse érythémateuse, elles se détachent facilement par raclage, laissant une surface rouge vif non saignante.
• Les formes érythémato-érosives sont moins typiques, mais elles sont actuellement plus fréquentes et succèdent à une antibiothérapie à large spectre, à une corticothérapie locale ou générale.
Les candidoses aiguës guérissent facilement sous traitement. Non traitées, elles risquent de devenir chroniques.

Candidoses chroniques :


• Le muguet chronique représente la forme la plus diffuse.

Il évolue par poussées ; entre celles-ci, on ne note qu’un érythème discret.

• La candidose chronique localisée associe plusieurs lésions :

– la perlèche candidosique se manifeste par des fissurations érythémateuses macérées des angles de la bouche, favorisées par une perte de dimension verticale ;
– la candidose rétrocommissurale prolonge la perlèche sur la muqueuse rétrocommissurale. C’est une zone érythémateuse triangulaire semée de points blancs avec des bords kératosiques en périphérie ;
– la glossite médiane est située en avant du V lingual, de forme losangique ou ovalaire. La muqueuse est dépapillée et rouge, un peu surélevée avec infiltration superficielle ;
– l’ouranite médiane est située sur le palais dur en regard de la glossite médiane.

• La candidose chronique végétante : 

présente un aspect papillomateux ; elle survient chez le fumeur. Il s’agit d’une lésion rétrocommissurale kératosique surélevée avec au centre des végétations globuleuses blanches. Etant donné leur potentiel carcinomateux, ces lésions doivent être suivies et surveillées.

Traitement :

Suppression du facteur favorisant :

– bains de bouche alcalinisants ;
– en cas d’hypo ou d’asialie sialologues (anétholtrithione) et arrêt des médicaments psychotropes
– désinfection des prothèses et arrêt du tabac ;
– facteurs généraux : équilibrer le diabète, arrêter l’antibiothérapie.


Traitement médical à visée buccale et générale :

Les anticandidosiques seront adaptés aux résultats du fungigramme (nystatine ; amphotéricine B) :

– solution : 1 cuillère à soupe 3 fois par jour, à garder en bouche 3 minutes puis à avaler (pour éliminer un éventuel foyer candidosique intestinal) ;
– pommades (sur les perlèches et les foyers cutanés) ;
– gel buccal (miconazole, contre-indiqué avec les antivitamines K car il potentialise leurs effets) ;
– formes injectables (flucytosine), réservées aux septicémies candidosiques.


Les candidoses buccales sévères de l’immunodéprimé (notamment les sujets VIH positifs) pourront être prévenues et traitées avec fluconazole ou kétoconazole (contreindiqués en cas de grossesse).

Conclusion :

Les stomatites candidosiques sont les plus fréquentes des mycoses buccales. Leur nombre est en augmentation du fait de prescriptions prolongées, principalement les antibiotiques à large spectre. Le diagnostic de candidose buccale repose sur l’examen clinique mais aussi mycologique. Le praticien doit garder à l’esprit la possibilité d’une pathologie systémique infectieuse ou maligne sous-jacente.
Le traitement local et général sera prolongé au moins 10 jours (formes aiguës) et jusqu’à guérison totale (formes chroniques) pour éviter les récidives.

Source :  Clinic 1998 - vol. 19 - no 6
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